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| Le pélicastre jouisseur, appelé aussi le volatile onaniste |
Je n'irais pas voir « Venus noire », le film d'Abdellatif Kechiche. Parce que je n'aime pas ce que propose en général le réalisateur. « La graine et le mulet », pourtant plébiscité à sa sortie par le public et les critiques, ne m'a pas passionné outre mesure. Ni son film précédent, « L'esquive ». Je n'y ai rien retenu de particulier : ni l'esthétique, ni la structure, ni la fiction, ni ce qu'elle suggère. Ce n'est peut-être qu'une affaire de goût. Sans doute même. Encore que si on me titille un peu, je serais prêt à affirmer sans ambages ce que je dis comme une vérité : le cinéma de Kechiche reste d'un niveau passable.
J'imagine que « Venus noire » charrie son lot de cliché, et je sens bien, de la même manière que notre cher pélicastre jouisseur, le côté anti-raciste mielleux de cette production. Je me trompe peut-être mais je ne peux rien faire contre cette impression que renforce le tapage médiatique autour du film.
Mais il y a quelque chose qui me dérange chez notre « volatile onaniste » : l'idéologie et les références qui sous-tendent la réflexion menée dans son article.
La vénus hottentote serait donc la preuve « des différences biologiques qui séparent les individus » nous explique-t-il.
Le pélicastre oublie une chose, sûrement à dessein : différences biologiques certes, nous sommes tous différents, ce qui ne nous empêchent pas d'appartenir à cette même famille d'êtres humains. Ces différences ne nous séparent pas.
La « science » d'après le dictionnaire Le Robert : « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables. »
La science donc, prouve que nous sommes différents, nous autres les humains. Rien de bien sorcier là-dedans. Elle ne corrobore cependant jamais, au grand jamais, les conclusions retenues par Cuvier, anatomiste français important du XIXème siècle, qui ne restent que des théories. Dans ses Observations sur le cadavre d'une femme connue à Paris et à Londres sous le nom de Vénus hottentote, il affirme la pertinence d'une classification des races humaines en partant du « squelette de la tête », condamnant « à une éternelle infériorité les races à crâne déprimé et comprimé ». Il conclut en soulignant que la race noire est « la plus dégradée des races humaines, dont les formes s'approchent le plus de la brute, et dont l'intelligence ne s'est élevée nulle part au point d'arriver à un gouvernement régulier ».
Cuvier était effectivement un grand scientifique, analysant froidement la dépouille de cette femme à sa mort. Mais, d'une part, le genre de théorie qu'il développe, très en vogue au XIXème siècle (à l'instar de ce que nous compte l'oisillon dans un élan romantique : « Cuvier, c’était un temps béni où la science ne s’embarrassait pas de la dernière mode morale ». Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire.) et en accord même avec l'esprit religieux catholique et l'excuse du colonisateur blanc, n'a aucun sens. Et d'autre part, le manque de respect du à la dépouille de Sawtche, le véritable nom de cette femme issue du peuple khoikhoi au sud de l'Afrique, considérée comme un rat de laboratoire, n'en reste pas moins inexcusable.
A force de vouloir ridiculiser le journal Libération et bobos, à force de vouloir redorer le blason de Cuvier, de l'occidental et de l'occident au XIXème siècle, de l'homme blanc en général et de ce qu'il a apporté à cet ignare d'homme noir même pas reconnaissant ( « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire affirmait notre cher président »), notre cher « volatile onaniste » qui veut nous causer réalité, oublie que dans le contexte de cette époque, même si c'est un fait passé sur lequel nous ne devons pas nous reposer pour critiquer et enfoncer "l'homme occidental et blanc" en général, ce n'est pas la différence entre noir et blanc (la seule analyse physique de cette femme servant de généralité est forcément réducteur, rien de plus évident) qui est seulement mise en exergue, mais bien l'infériorité physique et intellectuelle du noir sur le blanc. Voilà ce que pensait l'occidental catholique du XIXème siècle : « le noir est inférieur au blanc, et nos grands scientifiques ainsi que la Bible le prouvent ».
Il est possible que le pélicastre jouisseur soit d'accord avec les conclusions de Cuvier. A lui de nous dire.
Libesch

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